Ils ont fui la guerre.
Ils ont survécu à sept années dans un camp de réfugiés, dans des conditions que peu d’entre nous peuvent imaginer.
Ils ont gardé leurs enfants vivants, malgré la faim, la peur et l’incertitude.
Ils ont porté l’espoir jusqu’au Québec, croyant enfin trouver un pays où recommencer, en sécurité.

Puis, quelques mois à peine après leur arrivée, leurs enfants leur sont retirés par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Cette famille, mise en lumière dans un reportage du Devoir, raconte une blessure profonde : celle de parents qui, après avoir traversé l’enfer, doivent maintenant affronter un système qu’ils ne comprennent pas, dans une langue qu’ils maîtrisent peu, avec des repères culturels complètement nouveaux.

Leur histoire — marquée par la guerre, sept ans dans un camp de réfugiés, le déracinement, les différences culturelles et un profond sentiment d’injustice — met en lumière une réalité trop souvent vécue en silence.

Les familles réfugiées arrivent ici avec un bagage invisible

Il faut le dire sans détour :
Les familles qui survivent à la guerre et à l’exil portent des traumatismes, des peurs et des réflexes de survie que nous ne voyons pas toujours. Leur façon d’éduquer, de protéger ou de réagir peut être différente — non pas par manque de compétences parentales, mais parce qu’elles ont appris à vivre dans l’urgence.

Ce qui, dans une culture, est considéré comme normal ou même protecteur, peut être interprété différemment ici.
C’est dans ces zones grises que les malentendus naissent, s’enveniment… et parfois mènent à des gestes lourds de conséquences.

Quand deux mondes se rencontrent, sans traduction

Lorsque la DPJ intervient, les familles réfugiées se retrouvent souvent face à une institution dont elles ne comprennent ni les codes, ni les attentes, ni les critères d’évaluation.
La différence culturelle devient un obstacle réel.

Pour ces parents, qui ont tout donné pour garder leurs enfants vivants, entendre qu’ils « pourraient ne pas être compétents » est un choc immense.
Un coup de massue.
Un nouveau déracinement, cette fois à l’intérieur même de leur famille.

Ce sentiment d’injustice, qu’ils expriment avec tant d’émotion, ne vient pas seulement de la décision qui les concerne — mais du décalage entre leur histoire et la façon dont leur réalité est interprétée ici.

Nous devons mieux accompagner les familles — avant qu’il soit trop tard

Chez DeGama, nous sommes témoins de ces situations trop souvent invisibles.
Des parents qui :

  • se sentent mal compris,
  • n’osent pas demander de l’aide,
  • ne trouvent pas les mots pour expliquer leurs pratiques éducatives,
  • paniquent dès qu’un intervenant entre en contact avec eux,
  • vivent une détresse profonde lorsqu’un signalement survient.

Ce n’est pas un manque d’amour.
Ce n’est pas un manque de compétence parentale.
C’est un manque de ponts entre deux univers.

Nous croyons que l’information protège.
Nous croyons que les parents ont le droit de comprendre le système dans lequel ils élèvent leurs enfants.
Et nous croyons qu’en donnant aux familles les bonnes clés, nous pouvons éviter de nouveaux drames.